Partenariat ONG
Pérou
Samusocial International

Lutte contre les violences familiales au Pérou

L’objectif du Samusocial International est de créer, promouvoir et soutenir dans toutes les villes du monde où se posent les problèmes liés à l'exclusion sociale - tels que l'abri, la nourriture, l'accès aux soins, la souffrance psychique ou toute autre conséquence du rejet, de la rupture des liens humains, économiques et sociaux - des dispositifs analogues à celui mis en œuvre au Samusocial de Paris.

À Huaycán, zone urbaine située à la périphérie de Lima, 88 % des femmes ont subi des violences physiques ou sexuelles de la part de leur concubin. La précarité et le déracinement culturel de ces populations, majoritairement issues de migrations internes, favorisent les comportements violents au sein des familles.
Le Samusocial Perú a ainsi lancé en 2004 un programme complet de prévention, d’identification et d’accompagnement :

  • équipes mobiles d’aide, sillonnant quotidiennement les rues de Huaycán et réalisant des visites à domicile
  • centre de prévention du risque social, assurant des consultations médicales, psychologiques et sociales
  • centre d’hébergement d’urgence
  • campagnes de prévention dans la communauté

Pour assurer la pérennité et la duplication de son projet, le Samusocial Perú a mis en place un dispositif de cogestion progressive des services existants, avec la municipalité et le ministère de  la Santé, qui mettent à disposition du personnel et des locaux. À l’issue de cette étape intermédiaire, la municipalité d’Ate deviendra gestionnaire de ce dispositif de soutien. Dans le même temps, cette expérience pilote a permis au Samusocial International de modéliser le programme, qui sera dupliqué en 2013 dans une autre zone à risque de Lima.

Partenariat :
Samusocial International
Lieu :
Pérou
Mission :
Lutte contre les violences conjugales
Date de début :
Décembre 2011
Date de fin :
Janvier 2012
Bénéficiaires :
Femmes victimes de violences familiales et leurs enfants, femmes en situation d'extrême vulnérabilité et donc d'exposition maximale au risque de violences familiales.

Témoignages

Pour fuir les violences qui ont ébranlé le Pérou pendant la guérilla jusqu’au début des années 1990, la famille de Martha s’est installée à Huaycán. La jeune femme a été hébergée au Centre Samu Social et est aujourd’hui régulièrement suivie par les Equipes Mobiles d’Aide du Samusocial Perú. Elle témoigne :

« Ça a commencé quand je suis tombée enceinte, il rentrait saoul en pleine nuit et il me giflait, me donnait des coups de pied. J’étais terrorisée. Il me surveillait, il faisait tout pour m’empêcher d’aller travailler. Je restais parce qu’il menaçait de me prendre les enfants. Eux aussi ont souffert, ils ont tout vu. Malgré ça, j’ai tout fait pour qu’ils aillent à l’école et apprennent à lire et à écrire. La dernière fois que mon mari m’a frappée, je suis allée au commissariat, mais ils ne voulaient pas m’entendre.S’il n’y avait pas eu le Samu, où serais-je allée ? Il n’y a qu’eux qui m’ont reçue. Ils m’ont aidée à me sortir de cette situation et à réfléchir à l’éducation de mes enfants. Madame Beatriz (l’éducatrice du Samusocial Perú) m’a toujours dit que je pouvais m’en sortir, que je pouvais y arriver, et regardez où j’en suis aujourd’hui ! J’ai mon stand au marché et cet homme ne viendra plus jamais s’en prendre à moi ».

 

Doctora Berrocal, référente du projet Samusocial Perú à la Municipalité d’Ate répond à nos questions (2013)

Comment travaillez-vous en collaboration avec le Samusocial (SSI) ?

La municipalité participe au fonctionnement des équipes mobiles et du centre de prévention du risque social, en détachant du personnel qualifiée. Grace à la collaboration avec le Samusocial Perú, nous sommes désormais en mesure de proposer une prise en charge primaire directe à la population la plus vulnérable. Nous nous rapprochons ainsi de la communauté et de ses besoins.

Qu’a changé le soutien du SSI dans votre approche ?

Nous avons pris conscience de la problématique de la violence familiale dans le district d’Ate. A travers un travail de sensibilisation, les femmes connaissent maintenant leurs droits. Et elles bénéficient d’une prise en charge médicale et psychosociale. Nous unissons les efforts de chacun pour accompagner les femmes vers l’autonomie.

Pensez-vous que la mairie d’Ate sera capable, à moyen terme, de gérer seule l’ensemble des services proposés par le SSI?

Aujourd’hui, nous démarrons une phase de cogestion de ces services avec le Samusocial Perú. A terme, la municipalité d’Ate a prévu de créer un budget pour ce projet. De son cote, le ministère de la Sante  lance des recrutements spécifiques.